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Une élue juive est mise au pilori par une campagne d’affichage dans sa ville. La FSCI condamne cette campagne

Les Jeunes POP Suisse s’en prennent à Brigitte Leitenberg par une campagne d’affichage, notamment en raison de déclarations sur le 7 octobre. La FSCI condamne l’intimidation et la diffamation de l’élue juive de La Chaux-de-Fonds.
Durant le week-end du 10 octobre, des affiches montrant le portrait de Brigitte Leitenberg, élue suisse de confession juive et membre du Parti vert’libéral, ont été placardées à La Chaux-de-Fonds. Elles la qualifient de «négationniste» et de «méga sioniste» et réclament sa démission. Les Jeunes POP Suisse ont diffusé des images de leur action sur les réseaux sociaux et défendu la campagne auprès des médias. Celle-ci reprend notamment des déclarations tirées d’un article de Blick consacré au troisième anniversaire du 7 octobre.
Des affiches près de la synagogue et du domicile constituent une intimidation
À l’occasion du troisième anniversaire du 7 octobre, Blick a interrogé sept Juives et Juifs de Suisse romande sur leurs sentiments, leurs craintes et leur regard sur Israël. Brigitte Leitenberg était l’une de ces voix. Les affiches des Jeunes POP Suisse isolent deux courts extraits de citations et un résumé journalistique de ses déclarations. Une petite partie d’un article donnant la parole à plusieurs personnes devient ainsi une campagne d’affichage dans l’espace public.
Selon Brigitte Leitenberg, onze affiches ont été placardées aux abords de la synagogue et six à proximité de son domicile. La campagne touche ainsi son environnement privé et un lieu central de la vie juive. Cela constitue une intimidation. Elle vise une personne et sa famille et peut également susciter un sentiment d’insécurité chez d’autres membres de la communauté juive. En la qualifiant de «négationniste» et de «méga sioniste», les auteurs des affiches diffament aussi personnellement Brigitte Leitenberg. Le terme «sioniste» sert ici d’étiquette dépréciative. Les effets vont bien au-delà de l’expression d’un désaccord ou d’une position divergente dans un débat.
L’intimidation des voix juives menace un débat politique ouvert
Ce cas illustre la pression exercée sur les Juives et les Juifs dont la position sur Israël déplaît à certains milieux politiques ou militants. Par crainte d’hostilité, certaines personnes préfèrent garder leurs opinions pour elles. Il n’est pas nécessaire de partager les vues de Brigitte Leitenberg. Elles peuvent faire l’objet de discussions contradictoires. Mais la diffamer ainsi et la mettre publiquement au pilori ne relève plus du débat, mais de l’intimidation. La FSCI condamne clairement ces agissements et salue la condamnation sans équivoque de cette action par Théo Bregnard, président du Conseil communal et lui-même membre du POP. Les Juives et les Juifs doivent pouvoir participer librement et en toute sécurité à la vie publique. Un débat ouvert doit aussi être possible sur Israël et les conflits au Proche-Orient, sans que personne ait à craindre des intimidations ou des attaques personnelles.
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